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---Ce film sur M6 de Serge de Sampigny "1830-1962, Quand l'Algérie était française", m'a remué, je vous jure, comme jamais j'aurais pu penser.
---Comme n'importe quel Français de la métropole puisqu'on fut tous confus et concernés comme des cons, du contingent ou quoi, mais moi en pluss parce que ces "évènements", comme on disait à Bab-el-Oued, c'est de l'Histoire de France ET de ma famille.
---Allez dites : quatre-vingts ans, normal que je radote, en 62 déjà on me l'a dit. De Gaulle s'interrogeait sur "les responsabilités dans l'affaire algérienne". Dans le Canard Enchaîné, simplement en rappelant l'historique hystérique des faits, j'avais fait une Lettre : « L'affaire Bacri est-elle impayabe ? », une lettre ouverte au Président de le République lui demandant de m'inscrire dans son collectif budgétaire pour restitution de 14 millions de francs-or augmentés des intérêts de retard dus à mon ancêtre Jacob Bacri, pour le blé turc d'Alger vendu à Bonaparte pour sa campagne d'Egypte.
---Relisez "Les Chevaux du soleil" de Jules Roy :
---« 1797-1827, souverains possédant des agents dans toute la Méditerranée et auprès des principales cours d'Europe... faisant et défaisant la paix par l'entremise des Deys, les Bacri (et les Busnach) avaient été les Rois d'Alger pendant quinze ans. »
---Ou "Histoire de l'Algérie" de Charles-André Julien, au PUF :
---« Les poètes marseillais Barthélémy et Méry, qui écrivirent le poème satirique LA BACRIADE durant l'été qui suivit le coup d'éventail... »
---Ou le QUID 2003, Robert Laffont éditeur " :
---« 1797 : deux négociants algérois israélites Jacob Bacri et Busnach, (détenant un monopole de vente) vendent (au triple du prix avec des intérêts usuraires) pour 24 millions de francs de blé à la République Française (impayés).
---- 1818 : le Dey Hussein réclame cette somme à Louis XVIII.
---- 1826 : Hussein écrit à Charles X pour se plaindre de la longueur du procès, pas de réponse.
---- 1827 : Hussein demande à Deval, consul de France, s'il a une lettre de Charles X. Réponse négative. Hussein furieux frappe Deval d'un coup de chasse-mouches. Rupture des relations diplomatiques, blocus d'Alger, débarquement à Sidi-Ferruch."
---Ou encore "Historia" n° 3, Guerre d'Algérie, du 6 Octobre 71 : trois ou quatre pages en couleur sous la direction d'Yves Courrière. C'est moi qui ai écrit mais il ne m'aurait pas laissé écrire n'importe quoi, historien reconnu qu'il est !
---Et que les Busnach ne la ramènent pas encore, soi-disant co-solidaires de la dette ! Un : je n'ai rien touché, et deux : prescription contentieux compte anxieux. Allez prouver, c'est vrai, que descendant du singe dans nos branches d'arbre généalogique, on était déjà associés pour des cacahouètes.
---Où j'en étais ?
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---"1830-1962, Quand l'Algérie était française" donc, avec De Gaulle qui évoquait la France de Dunkerque à Tamanrasset. Actualité de cette semaine : France de Brest à Cannes, vous avez remarqué ?
---Brest, pluss qu'en rade que ça, pas possible ! avec leur Clem. Le Clémenceau, un porte-avions ? porte-schkoumoune ouais ! Q790, qu'ils l'appellent.
---Clémenceau, qu'est-ce qu'il disait, rappelez-vous : « Qu'on me donne quarante trous du culs et je vous fais une académie. »
---Trous d'amiante de Q790 aujourd'hui, si c'est pas malheureux de voir ça !
---Cette manie qu'ils ont en c'moment de nous parler qu'en code chiffré ! H5N1 pour mieux nous piquer, CO2 pour nous pomper l'air, H2O nous pomper des liquidités et noyer le poisson…
---Solidarité soi-disant de pollution, responsables qu'on serait, devant nos terres de les avoir arrosées avec leurs pesticides imbuvables, franch'ment ?
---O10C de l'espèce, c'est ça !
---Quand on se disait : « Ô, tape cinq ! Tape cinq ! » à Bab-el-Oued, c'était autre chose non ?
---Cinq, rhamsa en arabe, main de fatma, vrai chiffre porte-bonheur.
---Chiffre arabe, chiffre romain, pareil : V de la victoire, V de la Veine.
---Deux Arabes se rencontrent :
---- Salam !
---- Salam !
---en s'embrassant leur main droite pour après se la taper :
---- Rhamsa !
---- Rhamsa !
---comme un bravo qu'on se partage.
---Pas arabes, kifkif :
---- Et alors ?
---- Et oilà !
---Tape cinq, tape cinq. Un porte-bonheur et ça évite en même temps qu'on nous "mette les yeux".
---On sentait, par exemple, que le pourri voulait en hypocrite nous porter la schkoumoune ? sans prendre de gants, carrément, on lui lançait un « Cinq dans tes yeux ! » radical, pour que tout le mal qu'il nous voulait se retourne contre lui. Ou alors moins brutal, plus poli, trop poli pour être honnête, face à son « Quelle chance que vous avez ! » mielleux, sournois, on se récriait innocent comme tout : « Moi ? Vous trouvez ? » en s'écartant bien les cinq doigts de la main sur la poitrine. Plus pare-balles que ça y'a pas.
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---Ce cinq, ça m'rappelle, tout jeune, quand, toute la famille Bamboula, on allait avenue de la Bouzaréa rejoindre au café " La Saucisse à Sylvain " mon oncle Benjamin, ma tante Fifi et mes cousins Marco et Robert, pour n'importe quoi, se réunir en famille.
---À peine dans la rue, Papa, toujours devant avec ses longues jambes, mains derrière le dos, soufflant la fumée de son gros cigare à la bouche comme une locomotive. Nous derrière, comme un train… train de vie si vous voulez.
---Moi l'aîné en tender, Jean-Claude, Liliane ensuite, les deux jumelles, à la queue leu leu, accrochez les wagons. Maman en wagon de queue, pour surveiller le convoi et parce qu'elle marche le moins vite, elle n'a qu'un mètre cinquante.
---- Liliane, ma fille, dis à tes frères de demander à papa qu'est-ce qui le presse comme ça enfin !
---Nous, passe à l'autre, passe à l'autre…
---- Papa ! Maman dit que tu marches trop vite et qu'alors elle est essoufflée de nous suivre.
---Il entendait vous croyez ? avec le boucan de la rue et tout, sans parler qu'il était obligé de répondre à toutes les connaissances qui le croisaient ?
---- Bonjour, m'sieur Bacri.
---- Bonjour, m'sieur Chich'portiche.
---Souriant, fier comme Artaban.
---- Et alors ? ça marche comme vous voulez la famille ?
---- Cinq enfants grâce à Dieu ! j'les promène avec ma femme.
---- Cinq enfants, la é barek !
---- Un bon chiffre, c'est vrai.
---------------------------------------------------(suite colonne 2)
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---Mon oncle Benjamin (lui on ne sait jamais si il est sérieux ou si il se moque) :
---- Et en pluss en comptant le père et la mère ça fait sept, chiffre de la plénitude chez nous les juifs. Si ti'es pas, avec ça, Charlot, béni des dieux !
---Papa qui hoche la tête, moitié sceptique…
---Benjamin, faussement sans pitié :
---- Et encore c'est rien ! Bacri : b, a, c, r, i, cinq lettres porte-bonheur ! et Charles : c, h, a, r, l, e, s : sept ! chiffre de la plénitude, biblique, chez nous les juifs.
---Sept jours de la Création du monde, couleurs de l'arc en ciel, chandelier à sept branches, sept péchés capitaux, sept merveilles du monde, trois mousquetaires qui étaient quatre : quatre et trois sept...
---Adulte, j'ai compris. Cinq et sept : chiffres doublement sacrés porte-bonheur, comme "merde" si on peut dire, théologique et physiologique. Théologique sans blasphème : Yavhé, Jésus, Allah, les cinq lettres... Physiologique de conception, cinq-à-sept, chiffre sacré, ça crée si on prend pas de précaution.
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---Où j'en étais ? Oui, Dunkerque à Tamanrasset, Brest, Cannes, code chiffré…
---Brest, Q790, Cannes, "Da 26 code", film-bateau ou quoi, comment ils l'ont accueilli au festival ?
---Vous vous rappelez le poème de Charles Cros, un des ancêtres de la photo en pluss, j'ai pensé à vous le remanier Dan Brown mais en plus drôle, moins navet ésotérique, vous comprendrez pourquoi à la fin.
-------------------SEPTIÈME ART EN SORT
-------Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
-------Au fond d'une salle obscure - noire, noire, noire,
-------Et des spectateurs hurlant - Lumière ! Lumière ! Lumière !
-------Des images bougent, bougent - folles, folles, folles,
-------C'est Le train qui entre en gare - gare ! gare ! gare !
-------Et L'arroseur arrosé - hi ! hi ! hi !
-------ENTRACTE
-------Ah ! que le monde écran à la clarté des lampes,
-------Aux yeux des caméras que le monde est petit !
-------Le Voyage dans la lune - Méliès, Méliès, Mes liesses,
-------Mac Sennett et sans bavures - Clair, Clair, Clair,
-------Le Chanteur de jazz, les frères - Marx, Marx, Marx.
-------Max Linder, charme et les Gance - Pabst, Pabst, Pabst,
-------La chevauchée fantastique - Yeah ! Yeah ! Yeah !
-------Les Lumière de la ville - Charlot, Charlot, Charlot.
-------J'ai composé cette histoire - pour, pour, pour,
-------L'avancée du 7ème art - bravo, bravo, bravo,
-------Et l'avance sur l'art 7 - coupez, coupez, coupez.
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---"Plus drôle, moins navet ésotérique, vous comprendrez pourquoi à la fin" j'vous disais.
---Navet, Festival cannois (j'ai pas dit qu'à la noix) et campagne du gouvernement "Mangez des fruits et des légumes".
---Campagne, ça ne pouvait pas mieux tomber sémantique, et pour illustrer : Arcimboldo. Le rêve non ?
------------------Pomme poire cerise abricot
------------------Y en a une
------------------Y en a une
------------------Qui va avoir son tableau
------------------Á l'Arcimboldo
------------------Marianne, mi-figue mi-raisin
------------------En Joconde
------------------En Joconde
------------------Marianne sourire en coing
------------------Courge plus ou moins
------------------Un corps avec des nichons
------------------Seins en poire
------------------Seins en poire
------------------Un corps avec des nichons
------------------Disons cornichons
------------------Des yeux, mais tout sauf des yeux
------------------En amande
------------------En amande
------------------Des yeux, mais hein qu'on voit mieux
------------------A la noix mon vieux
------------------Son coeur rien que d'artichaut
------------------Qu'on effeuille
------------------Qu'on effeuille
------------------Souffle court sur l'haricot
------------------Mieux fair' le poireau
------------------Oreill's en feuilles de chou
------------------Qui n'empêchent
------------------Sa peau d'pêche
------------------Oreill's à rentrer dans l'chou
------------------Tartes comme tout
------------------Quand elle a vu le tableau
------------------Mon modèle
------------------Mon modèle
------------------Quand elle a vu le tableau
------------------Pir' que Picasso
------------------Paf ! des marrons sur mon nez
------------------En compote
------------------En compote
------------------Marrons tout sauf un Monet
------------------L'ananas purée !
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