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Son passe-temps, vous m'direz,
Passons.
Temps qu'il fait,
temps qu'il faut,
bon, ce qui est fait
effet.
Faut ce qu'il faut,
pas faux.
Le temps avec qui je vis
n'est pas l'affreux vieillard
armé d'une faux
et d'un sablier,
qui aime à se faire
appeler Chronos
par les dictionnaires.
Toujours fauché,
ayant rendu son sablier
à Dieu le père,
c'est un bout de temps
pas plus grand que ça
qui saute à la corde
avec le fil de ma vie.
Mon temps à moi
sur terre :
le temps des cerises
de Jean-Baptiste Clément,
le temps du Muguet
de Francis Lemarque,
temps d'un Ecclésiaste
assez enthousiaste,
Temps pour tout
faisant coucou
à la bonne heure,
temps qui suspendrait son vol
pour un poète dans le lac,
Pas ce temps qui court
(ou plutôt nous court)
et nous est compté,
vrai compte-courant.
Un temps qui n'est pas de l'argent,
pas pour les crosses,
pas pour les cloches.
Un temps d'histoires pour rien,
à tuer pour rire
et qui nous tuera
un jour pour de vrai.
Faut dire
que j'ai su le prendre,
mon temps.
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J'ai jeté devant lui
mon horloge flamande
et mes calendriers,
mes montres
à pile ou quartz, même en or,
et tous les clepsydres,
et cadrans solaires
que j'ai pu trouver,
j'ai tout piétiné.
Puis sont arrivés
les secondes chantantes,
minutes papillons,
heures éblouissantes,
jours de fête,
vieilles semaines
des quat'jeudis,
mois des fous,
années lumière...
Nous avons fait la ronde
autour du tas fumant
de ressorts détendus
et de roues édentées,
et dans ma maison
(masure à trois temps :
aimer,
chanter,
ne rien faire)
mon emploi du temps ?
Pas de temps à perdre,
il travaille pour nous.
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Pourquoi pas aussi
toute cette panoplie,
tout cet outillage
anti-âge
de revitaliseurs
et désincrustants
régénérateurs
à complexes hydratants,
hypoallergiques moléculaires
d'allez savoir !
Qu'on me laisse vieillir tranquille
et me dérider naturel !
La vie c'est pas crevant ?
Me dérider naturel, oui-da,
à la Derrida
(apparenté à part entière,
croyez-le ou pas).
Ma déconstruction
d'inéluctabilité
structuraliste
de délabrement dermato-temporel
personnel,
vous permettez ?
Ou tapotez-vous le menton,
qu'il retrouve un peu
d'où on sait
un rien
de sa fermeté d'origine.
Vous me voyez,
retombé en enfance,
dire à dada, à d'Artagnan
et agaga, à galoper,
pas gnangnan, accompagnant
vieil Athos et vieux Porthos,
la mort de leurs osses,
et vieillard, vieil Aramis,
trois mousquetaires vingt ans après
le vicomte de Bragelonne,
roman de cape et des pépés ?
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