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-----Comme en quarante on avait perdu la deuxième guerre mondiale, vous vous rappelez, aux chantiers de jeunesse, pareil tous mes camarades, je chantais "Maréchal nous voilà". Et un beau matin à l'école, à peine en classe, le prof :
----- Assis ! sauf Abitbol, Bacri, Chicheportiche, Stora, Mesguich… israélites, plus le droit de revenir, rentrez chez vous !
-----De nous voir debout, même nos camarades catholiques, ça leur avait coupé les jambes, mais bon. Guastavino nous a fait tous rigoler, même le prof :
----- Juste le jour qu'on allait apprendre les guerres de religion ?
-----Enfin bon bref, Jean-Claude et moi on était des grands, on pouvait comprendre. Mais mes sœurs, les petites, les pauvres, franchement : à 9 h et quart dehors sur le trottoir de leur maternelle, rue de Normandie, la main dans la main, à nous attendre en pleurant qu'on vienne les chercher à 11 h et demie.
-----Maman, pupille de la nation, son père, mon grand-père, mort aux Dardanelles, comme une furie, à la directrice :
----- Votre Christ, au-dessus de vot' lit d'la chambre à coucher, regardez-le bien en rentrant chez vous, vous verrez : le p'tit bout coupé comme mon mari et mes fils !
-----Et à midi, à table :
----- Roro mon fils, ce portrait du Sauveur de la France au-dessus du piano, s'il te plaît, va l'accrocher aux cabinets qu'on déjeune tranquille !
-----Le plus emmerdant : mes deux bacs aussi j'pouvais m'les accrocher.
-----Deux ans après, Alger la Blanche capitale de la France libre, Alger la planche de salut, Papa, son expérience de représentant de commerce et de l'arabe populaire, de l'arabe littéraire… la BNCI - Banque Nationale pour le Commerce et l'Industrie - l'engage comme Chargé de Procuration.
-----Il se charge de me procurer une place. Je prends des cours. Treize ans après : inspecteur de banque. Je vous raconterai une autre fois.
-----Pourquoi contracté première embauche ? Au départ, dans mon for personnel, mon contrat de travail, je me l'étais défini CDD durée déterminée, pléonasme je sais. Si à trente ans, parole de scout (je l'ai été, je vous raconterai un autre jour) je ne suis pas rédacteur au Canard Enchaîné... C'est arrivé, mektoub ou pas mektoub, je suis un mektoubien. Contrat Première Embauche, c'est une autre histoire. Les PDG de maintenant, sans motif ils peuvent remercier. Prud'hommes, Conseil Constitutionnel, tout l'bataclan ils ont. Dura lex, c'est d'l'ex, la loi est dure (d'oreille) mais c'est la loi. Mais c'est une autre histoire, disait Kipling : Histoires comme ça, Livre de la jungle…
-----Premier avril, mes 80 ans. Douc'ment, douc'ment, tranquille, je continue mon Tour du monde en quatre-vingt ans, pour votre goût Verne.
-----Les filles sont belles - sans muses, qu'est-ce que je pourrais faire de normal ? - et même si au bout de quelque temps, allez, elles deviennent moins amoureuses, pantelantes, pentes rapides, parité, parité, qu'on croyait, elles au moins on leur doit une certaine reconnaissance du ventre, c'est pas vrai ?
-----Chers amis de plus en nombreux, à en croire ce qu'on me dit comme dit Serge Moati ce dont je vous remercie, que ma parole je vous souhaite plein de hip hip hip hurrah happy new years comme les miens, grâce à Dieu.
-----Heure d'été… le printemps chante dans les buissons.
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------ -----Changement d'air
------------« Quel bon vent vous amène ? » (Mistral)
------------Un petit vent léger
------------Un petit vent poète
------------Est venu ce matin
------------Dans ma chambre d'ami.
------------Il s'est tout gentiment
------------Assis dans un fauteuil
------------Ce n'était pas un vent debout
------------Il a soufflé un peu.
------------Nous avons échangé mon Dieu
------------Quelques propos en l'air
------------Sur la pluie le beau temps
------------Puis le vent s'est levé
------------Et me prenant la main
------------Pfuitt ! m'a enlevé
------------Aux humains.
------------Depuis je fais la bise
------------Aux joues roses des filles
------------Je suis le vent de fronde
------------Qui gronde un beau matin
------------Je fais de jolies vagues
------------Sur la mer des passions
------------Je suis l'air détaché
------------La brise de contact
------------Le grain de la folie
------------Et l'ange du blizzard.
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------J'ai du printemps dans les doigts de pied
------Si tous les doigts de pied, si tous les pieds du monde
------Voulaient faire la guerre aux godillots immondes
--------------À tout's les gueul's d'empeigne,
------S'ils voulaient jeter loin leurs souliers leurs chaussettes
------Qui préparent si bien aux quarant'-deux fillettes
--------------Des lendemains qui sentent,
------Si tous les ripatons
------Se foutaient de Danton
------Et de son "Deux godasses !
------------Encore deux godasses !
------------------Toujours deux godasses !"
------Si tous les pieds voulaient... La sève printanière
------Bourgeonnerait gaiement sous nos voûtes plantaires
---------------Si finement cambrées,
------Des petites fleurs bleues entre les deux orteils
------Nous partirions joyeux dans le simple appareil
---------------De nos pieds sans souliers.
------Des ailes pousseraient soudain à nos talons
------Nous rase-motterions au-dessus du gazon
---------------Dans la verte prairie.
------La rosée caressant nos grands panards imberbes
------Ils nous verraient marcher, ô va-nu-pieds superbes
---------------Sur le monde ébloui !
-----Ils ? Tous ces responsables de nos durillons, coups de pied au cul qu'obligés on doit leur foutre de temps en temps because leur flexibilité de l'emploi (voir Roland Bacri Point Comme précédent directeur général) que franch'ment, il ne feraient pas mieux de s'occuper de leurs oignons ?
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-----------Rien n'est plus beau sous le soleil
-----------Rien n'est plus beau sous le soleil
-----------Que l'ombre
-----------Pour taper la sieste au pied d'un figuier.
-----------Douc'ment douc'ment dans le sommeil
-----------On sombre
-----------Pour vraiment pas que vous vous fatiguiez.
-----------Un vrai soleil comme à Alger
-----------Ça crève
-----------Pour ça toujours que l'ombre est nécessaire.
-----------Quand le sommeil il est léger
-----------Quel rêve !
-----------Que franchement le reste à quoi ça sert ?
-----------La sieste c'est le vrai sommeil
-----------Du juste,
-----------Le juste ce qu'il faut pour s'assoupir.
-----------Vers trois quatre heur's on se réveille
-----------Tout juste
-----------Pour travailler avec un gros soupir.
-----------La sieste ici, où c'est pareil ?
-----------A l'ombre
-----------Des jeunes filles Honfleur ou Angoulême ?
-----------Rien n'est plus beau sous le soleil
-----------Que l'ombre
-----------Mais leur soleil... Que l'ombre de lui-même !
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