Roland Bacri point comme... Le blog du petit poète
N° 16 - 25 février 2006 ______________________________________________________________________________________ Directeur : R. Laven

FAITES VOS ŒUFS, RIEN NE VA PLUS !

Deux coqs vivaient en paix
Tempérée,
L'un très cocorico
Et l'autre un peu piqué.
Une poule sur vingt
Qu'abritait la basse-cour
Etait caline assez
Pour rendre ivres d'amour
Nos deux gallinacés
Et la poule survint
Et voilà la guerre allumée.

Allons z'enfants de la patrie,
poulets en batteries,
entendes-vous dans nos campagnes
ces vacheries, cochonneries,
poulailleries où l'on nourrit,
pourrit
la vie ?

De notre monde O.C.I,
Organisation du Commerce International.
À la lettre pour faire du chiffre :
G7, CAC 40, H5N1...
O.C.I monde !

La Réunion fait la force
se dit-on,
méfions-nous des dictons.

Petit à petit l'oiseau fait son nid
d'hirondelle ou d'abeille,
nature,
pas nature morte,
tableau.

-----------

"Pour faire le portrait d'un oiseau"
d'après vers de Prévert
vous l'auriez reconnu.

Peindre d'abord une cage
encagez-le
en hurlant : Saccage !
ou plutôt non :
méprisons ses prisons !

Peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
quelque chose d'heureux comme
oiseau sur la branche et poisson dans l'eau
placer ensuite la toile contre un arbre
qui ne cache pas la forêt
dans un jardin extraordinaire
à la Trenet, tenez,
où les canards parlent anglais
et les poulets – chicken
ou chikungunya
pas péril en la demeure.

La mer qu'on voit danser
Le long des golfes glaires
a des reflets dansants
amers
des raflées d'argent
sous la pluie...

Mer d'huile, marées noires
les grandes douleurs sont mouettes.

On peut même l'opérer
à la Perret :

Fermez fermez la cage aux oiseaux
Ou la ferme va mourir bientôt
Les enfants si vous voyez
Des p'tits oiseaux prisonniers
C'est qu'au H5N1 ils ont échappé

Un p'tit dé à coudre et trois gouttes dedans
Au-d'ssus du perchoir un os de seiche tout blanc
C'est pas du mouron chimique à poison
Vendu par des piafs à foutre en prison ?

Pas prendre tout ça pour des fables.

----------

Ne jamais dire : La Fontaine
je ne boirai pas de ton eau
tant d'étangs de salauds
pas écolos l'ont polluée.

Le geai paré des plumes du pandémique
la cigale et la fourmi dans les jambes
le lièvre et la torturée
la grenouille voulant se faire aussi cross
que le boeuf courant
bourré d'hormones hors normes.

Rats des villes et rats des champs
du départ
quittez le navire
qu'ils disent à la coule.

Animaux malades de la peste,
Mal répandant la terreur
et que le Ciel en sa fureur
inventa pour punir les crimes de la terre
la peste puisqu'il faut l'appeler par son nom
d'animal doué de raison,
descendant du singe comme on tire un lapin,
capable d'enrichir en un jour l'Achéron
traduit mondialiste "Acquérons".

La laitière et le pot-au-lait
L'altière ou la potelée
clonée faisant
- j'ai pas dit faisan -
sa laitière et le beau tollé
d'adieux veau vaches cochons couvées

Va-t'en chétif insecte, excrément de la terre !
Le Roi n'est pas mon cousin de La Réunion ?
Complexe d'Œdipe de diptère,
ou migrateur à fière ou aviaire allure
tout dépend du cas de figure.

La Réunion fait la force
Un pour tous tous pour un
Les Trois Moustiquaires ?
Parlez d'un Riche lieu !

Ça vous grattouille
ou ça vous gazouille ?

Monde mon Dieu virant au râle,
Mutant viral.
La pie fait le moineau
Ah ! la vie chérie que les phoque-moines
et tous les moineaux font.

Ah ! si vous connaissiez ma poule !
Quand on lui dit :
« Ponds, dis, chérie »
Elle répond : « Où ? en Patagonie,
Liverpool, Bangkok, ou île de Crète ? »
La poule qui chante a fait l'œuf
Ou joyeux cuicui,
Ou qu'on l'abatte,
agonie,
dare-dard et en piqué.

Toute ces merdeux,
cuisine NaCl
industrielle
on ne prend assez garde d'eux
on ne prend assez garde d'ailes !

Garde-côtes garde-cocottes garde-champêtres
Champs à envoyer paître

Moutons tremblants, vaches folles
De liberté je vous en prie faites
Fête désherbants qui sifflent sur nos têtes ?

Pesticides
de Corneilles
Ô rage, Ô désespoir
pour la soif.


--------------Intermède zoo


--------L'homme avait greffé
--------Une taille de guêpe
--------À la baleine
--------Il avait paré le geai
--------Avec les plumes du paon
--------Sorti le loup du boa
--------Le brochet de l'oie
--------Le dindon de la farce...

--------Un jour c'est la petite bête
--------Qui chercha l'homme

--------Le rat sortit de l'hôtel
--------Le loup du bois
--------Le dindon de la farce
--------La grenouille du bénitier
--------L'âne se chargea des reliques
--------Le requin de la finance
--------Le petit oiseau du photographe
--------Et
--------La vache de nous tous.

--------Et en moins de temps
--------Qu'il en faut à l'homme
--------Pour dire ouf
--------Grande bouffe
--------Des fourmis dans les jambes
--------La puce à l'oreille,
--------Un chat dans la gorge
--------Tout fut consommé

--------Et ce re-fut
--------- vraiment pas de refus -
--------l'âge bête
--------où les bêtes parlaient
--------et l'homme pouvait
--------appeler un chat un chat

-------------

-------------_____________


Poète prends ton luth et me donne un baiser...
Sa taille de guêpe et ses yeux de biche,
mouche sur la joue, rossignol dans la gorge...
Sa puce à l'oreille ?
Mon pinson aux fesses !

Rédaction
Roland Bacri
Réalisation technique
Rémy Laven

Contacts :

Envoyer un message